Ce qu’il faut savoir sur le bail mobilité
- Contrat de location meublée de 1 à 10 mois, créé par l’article 107 de la loi ELAN du 23 novembre 2018.
- Réservé à 7 situations de mobilité : études, stage, apprentissage, service civique, mutation, mission temporaire, formation professionnelle.
- Aucun dépôt de garantie : seul un cautionnement, par exemple Visale, est possible.
- Un seul avenant, plafond de 10 mois, ni renouvellement ni reconduction.
- Préavis du locataire de 1 mois ; le bailleur ne peut pas rompre avant le terme.
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 11 octobre 2026
Un meublé de courte durée
De 1 à 10 mois, sans renouvellement ni reconduction. Un seul avenant est possible.
Un public ciblé
Études, stage, apprentissage, service civique, mutation ou mission temporaire : le locataire doit le justifier.
Zéro dépôt de garantie
Le bailleur ne peut rien demander, mais un cautionnement comme Visale est permis.
Un préavis d’un mois
Le locataire part quand il veut. Le bailleur ne peut pas rompre avant le terme.
Bail mobilité, c’est quoi concrètement ? Un contrat de location meublée de 1 à 10 mois, créé par l’article 107 de la loi ELAN du 23 novembre 2018. Il ne se renouvelle pas, il exclut tout dépôt de garantie et il vise des locataires de passage. Je vous le détaille point par point, avec ce que j’en pense côté propriétaire comme côté locataire.
Bail mobilité : que dit la loi ELAN de 2018 ?
Le texte tient en sept articles. La loi ELAN a inséré les articles 25-12 à 25-18 dans la loi du 6 juillet 1989, sous un titre réservé aux logements meublés loués dans le cadre d’un bail mobilité. Autrement dit, vous ne cherchez pas ce régime dans le Code civil, mais dans la loi qui encadre déjà la location classique.

Le principe est simple. Le propriétaire loue un meublé à une personne en mobilité, pour une durée courte fixée dès la signature. Le contrat s’écrit et mentionne le motif qui ouvre droit à ce bail, par exemple un stage ou une mutation. C’est le premier point que je contrôle sur un projet de contrat, car tout le reste en découle.
Bonne nouvelle pour le bailleur : aucune déclaration préalable à l’administration, aucune autorisation administrative. Le logement doit simplement respecter les règles de décence.
Qui peut signer un bail mobilité ?
Côté locataire, la loi dresse une liste fermée. Pour signer, vous devez justifier de l’une de ces situations à la date de prise d’effet du bail :
- formation professionnelle ;
- études supérieures ;
- contrat d’apprentissage ;
- stage ;
- engagement volontaire dans le cadre d’un service civique ;
- mutation professionnelle ;
- mission temporaire dans le cadre de votre activité, ce qui couvre les intérimaires et les saisonniers.
Le justificatif se fournit une seule fois, au moment où le bail démarre. Un contrat de stage, un contrat d’apprentissage ou une attestation d’employeur font généralement foi. Je conseille au bailleur d’en garder une copie dans le dossier.
Côté logement, le bail porte sur un meublé décent. Les logements-foyers et les logements sociaux sont exclus. Un propriétaire qui part 5 mois en déplacement peut louer sa résidence principale à un étudiant ou à un salarié en mission. En colocation, il ne peut pas imposer la solidarité entre colocataires ni entre leurs cautions : la clause serait réputée non écrite.
Avant de louer, pensez aux diagnostics. Le DPE fait partie du dossier annexé au contrat, et mon article sur comment se passe un DPE vous évite les mauvaises surprises le jour de la visite du diagnostiqueur.
Quelle durée, et comment le bail prend-il fin ?
La durée se fixe librement entre un mois et dix mois. Vous la choisissez à la signature, et elle ne peut ensuite changer qu’une seule fois, par avenant, sans dépasser le plafond. Exemple : un bail de 3 mois peut grimper à 10 mois avec un avenant de 7 mois.
Le contrat n’est ni renouvelable ni reconductible. À l’échéance, le locataire libère les lieux. Si les deux parties veulent poursuivre, elles signent un nouveau bail, mais il suit alors les règles de la location meublée ordinaire.
⚠️ Piège classique : un avenant ne rallonge pas le plafond. Si votre bail initial dure déjà 9 mois, vous ne gagnez qu’un mois, pas davantage.
Pour partir avant le terme, le locataire donne congé à tout moment avec un préavis de 1 mois. La lettre recommandée avec accusé de réception, l’acte de commissaire de justice ou la remise en main propre contre récépissé conviennent tous. Le préavis court dès la réception. Le bailleur, lui, ne peut pas rompre le bail avant son terme. En cas de manquement du locataire, il saisit le juge pour demander la résiliation.
Loyer, charges et dépôt de garantie : que prévoit le contrat ?
Le bailleur ne peut réclamer aucun dépôt de garantie. Il garde en revanche une porte de sortie : demander un cautionnement. Le dispositif Visale d’Action Logement facilite justement ce cas, ce qui rassure un propriétaire qui loue à un étudiant ou à un apprenti.
Retenez la logique : le bailleur renonce à la garantie classique, mais il peut en obtenir une autre. Si vous êtes bailleur, demandez-la dès la remise du dossier, avant la signature, et non une fois les clés remises.

Le loyer se fixe librement, sauf en zone tendue, où il suit le décret annuel d’encadrement de l’évolution des loyers. Dans une zone d’expérimentation de l’encadrement, il ne dépasse ni le loyer du précédent locataire ni le loyer de référence majoré. Pour un logement classé F ou G, le bailleur ne peut pas relever le loyer du précédent locataire sur un bail conclu depuis le 24 août 2022 (1er juillet 2024 en outre-mer). Aucune révision à l’IRL n’est possible en cours de bail.
Si le précédent locataire a quitté le logement depuis moins de 18 mois, le contrat indique le montant et la date de versement de son dernier loyer. Il précise aussi la nature et le coût des travaux réalisés depuis la fin de son bail.
| Critère | Bail mobilité | Bail meublé classique |
|---|---|---|
| Durée | 1 à 10 mois, non renouvelable | 1 an (9 mois pour un étudiant), reconductible |
| Dépôt de garantie | Interdit | 2 mois de loyer hors charges au maximum |
| Préavis du locataire | 1 mois | 1 mois |
| Fin à l’initiative du bailleur | Impossible avant le terme | Congé à l’échéance, avec 3 mois de préavis |
| Charges | Forfait fixe | Provisions régularisées ou forfait |
| Public visé | 7 situations de mobilité | Tout locataire |
Pensez aussi à l’assurance : le locataire s’assure contre les risques locatifs dès la remise des clés, et je détaille dans un autre article comment changer d’assurance habitation sans piège.
Bail mobilité ou bail meublé : quel contrat choisir ?
Bail mobilité, c’est quoi de plus qu’un meublé ordinaire ? Surtout une durée courte. Mon arbitrage tient en une question : combien de temps le logement va-t-il dormir vide si vous ne le louez pas ? Si un locataire peut occuper les lieux douze mois, je préfère le bail meublé classique, plus stable. Si le logement se libère pour quelques mois seulement, le bail mobilité évite de le laisser vide.
Le point que la plupart des guides oublient : les charges. Elles se paient au forfait, sans régularisation en fin de bail. Prenons un exemple chiffré, à titre d’illustration : des charges réelles de 90 € par mois pour un forfait fixé à 60 €. L’écart de 30 € sur 10 mois fait 300 € perdus, sans recours.
✅ Bonne pratique : calculez le forfait de charges sur les factures de l’année précédente avant de signer, puis ajoutez une marge pour l’eau et le chauffage.
Pour le propriétaire, ce contrat sert surtout à maîtriser la vacance. Vous louez une résidence principale pendant un déplacement, un logement en attente de vente, et vous récupérez les lieux à une date connue d’avance. Le contrat ne se reconduit pas : plus de surprise de fin d’année, plus de congé à délivrer.
Le revers existe. Le loyer ne s’indexe pas sur l’IRL, le dépôt de garantie disparaît et la rotation des locataires augmente le travail de gestion. J’écarte donc ce bail pour un logement que vous comptez louer longtemps : un meublé classique rapporte plus de stabilité.
Pour le locataire, l’intérêt est la souplesse : pas de dépôt à avancer, un préavis court, et un engagement limité dans le temps. L’inconvénient est symétrique. Au terme du bail, il faut déménager, et aucun renouvellement ne s’applique.
Voici ce que je vérifie avant de signer un bail mobilité :
- le motif est écrit dans le contrat et le justificatif est joint au dossier ;
- la durée et l’éventuel avenant tiennent dans le plafond de 10 mois ;
- le forfait de charges couvre les consommations réelles ;
- le diagnostic de performance énergétique est à jour.
Sur ce dernier point, apprendre à lire un diagnostic de performance énergétique vous aide à anticiper la classe F ou G, qui bloque toute hausse de loyer.

📏 Repère chiffré : 1 à 10 mois de durée, un seul avenant, 1 mois de préavis pour le locataire, 0 € de dépôt de garantie.
C’est quoi un bail mobilité bien utilisé ? Un contrat court, motivé par écrit et chiffré avec soin. Si vous hésitez sur un cas limite, par exemple un locataire dont la situation ne figure pas dans la liste, consultez l’ADIL de votre département. Son conseil est gratuit, et je préfère un avis juridique avant la signature qu’un litige après.
FAQ sur le bail mobilité
Qui a le droit de signer un bail mobilité ?
Seul un locataire en formation professionnelle, en études supérieures, en apprentissage, en stage, en service civique, en mutation professionnelle ou en mission temporaire peut le signer, selon l’article 25-12 de la loi du 6 juillet 1989. Vous devez le prouver à la date de prise d’effet du bail.
Comment un bail mobilité prend-il fin ?
Il s’arrête à son terme, au plus tard après 10 mois. Le locataire peut partir avant, avec un préavis de 1 mois. Le bailleur, lui, ne peut pas mettre fin au contrat avant l’échéance, sauf décision du juge en cas de manquement.
Quelle différence avec un bail meublé classique ?
Le bail meublé dure 1 an, ou 9 mois pour un étudiant, et accepte un dépôt de garantie de 2 mois de loyer hors charges au maximum. Le bail mobilité dure de 1 à 10 mois, interdit tout dépôt et se paie avec un forfait de charges.
Un propriétaire peut-il louer sa résidence principale en bail mobilité ?
Oui, pour une durée minimale de 1 mois, par exemple pendant un déplacement de plusieurs mois. L’ANIL précise que le bailleur n’a ni déclaration préalable ni autorisation administrative à demander. Le logement doit respecter les règles de décence, et vous devez louer à un locataire en mobilité.
Vrai ou faux : testez vos réflexes sur le bail mobilité
Question 1 / 3
Un bail mobilité se reconduit tacitement d’une année sur l’autre.
Bonne réponse. Il n’est ni renouvelable ni reconductible, et sa durée totale ne dépasse jamais 10 mois.
Eh non. Il n’est ni renouvelable ni reconductible, et sa durée totale ne dépasse jamais 10 mois.
Question 2 / 3
Le propriétaire peut exiger un dépôt de garantie d’un mois de loyer.
Bonne réponse. Le dépôt de garantie est interdit. Seul un cautionnement, comme la garantie Visale, est possible.
Eh non. Le dépôt de garantie est interdit. Seul un cautionnement, comme la garantie Visale, est possible.
Question 3 / 3
Le locataire peut quitter le logement avant le terme en prévenant 1 mois à l’avance.
Bonne réponse. Il donne congé à tout moment avec un préavis de 1 mois, par lettre recommandée ou remise en main propre.
Eh non. Il donne congé à tout moment avec un préavis de 1 mois, par lettre recommandée ou remise en main propre.
Votre score : sur 3. Relisez la section sur la durée et le préavis, puis vérifiez les chiffres auprès de l’ANIL ou de votre ADIL avant de signer.